La gestion numérique du bâtiment doit entrer rapidement dans le 21ème siècle

Et si, en matière de gestion intelligente de bâtiments, on en était encore au 20ème siècle ? La question peut se poser lorsque l’on sait combien coûte une telle gestion. De fait, si l’on prend en compte l’ensemble de la durée de vie d’un bâtiment, le coût de sa construction ne représente que le quart de la facture totale. Tout le reste est lié à son coût d’exploitation pendant cette durée de vie…

D’où, aujourd’hui, l’enjeu considérable pour les propriétaires et preneurs d’optimiser ces coûts. Là comme ailleurs, une seule direction : Tirer parti de ses données. Et c’est là que les progrès les plus importants restent à faire. De nos jours, les différents éléments de gestion, même informatisés, sont épars et fonctionnent en silo. Difficile d’avoir une vision globale, encore moins instantanée qui permettrait d’améliorer le fonctionnement du bâtiment à tous les niveaux et, de façon concomitante, celui des occupants. L’enjeu n’est pas mince : il s’agit non seulement de réduire les coûts d’exploitation mais, en augmentant la satisfaction globale de ceux qui l’utilisent, d’améliorer également le taux de location pour in fine, améliorer la rentabilité.

Un enjeu qui se voit d’ailleurs renforcé par le contexte actuel, celui de l’après-Covid 19. L’exigence de sécurité sanitaire est à la fois renforcée, mondiale et …durable.

Bonne nouvelle, on sait déjà à quoi doit ressembler cette rupture tant attendue : il s’agit d’un système d’exploitation pour bâtiment intelligent (Building Operating System - BOS) ou DTOS (Digital Twin Operating System). Une architecture globale qui permet d’intégrer tout nouveau modèle de données, tout type d’application et tout système de capteur & actionneur. Une révolution comparable à celle qui a permis au téléphone à cadran de se transformer en smartphone.

Autre bonne nouvelle, il n’est pas nécessaire d’attendre l’arrivée d’un nouveau Steve Jobs du bâtiment pour inventer une telle solution. Une telle architecture vient d’être développée, sous la forme d’un jumeau numérique intégral, par la société Spinalcom, basée à Paris. Elle se compose d’un BOS (Building Operating System) et est accompagnée d’applications développées spécifiquement par la société, auxquelles peuvent s’ajouter toutes les applications du secteur déjà disponibles sur le marché de la gestion informatique des bâtiments.

Des progrès de gestion décisifs

A travers plusieurs opérateurs renommés qui l’utilise déjà, la solution de Spinalcom a déjà montré son efficacité dans différents domaines cruciaux. En particulier celui de la gestion des espaces, un domaine qui, s’il est mal géré, peut coûter fort cher à l’exploitant. Grâce à la possibilité de transformer toutes les données brutes en provenance de capteurs pré-installés en connaissances instantanément utilisables, celui-ci peut analyser en temps réel l’occupation des espaces, l’éclairage, la température, etc.

En intégrant de nouvelles contraintes sanitaires post-Covid 19, comme par exemple, la nécessité de disposer d’une surface minimum par personne, le système peut fournir les informations de localisation d’espaces de travail adaptés à chaque besoin spécifique, notamment. Ainsi, outre l’amélioration de la gestion des espaces, le système permet l’amélioration du bien-être de chacun (directement relié au système par son smartphone) et …des économies d’énergie.

Autre domaine où l’amélioration de gestion est significative : celui de la maintenance. Une centralisation ainsi qu’une consolidation des données relatives aux équipements présents dans un bâtiment permet une maintenance préventive et prédictive (à partir des données d’ancienneté et historique de service des équipements, niveau d’utilisation, importance dans le fonctionnement du bâtiment, etc…). Naturellement, cette nouvelle maintenance prédictive s’accompagne d’une meilleure gestion financière prévisionnelle puisque le système sait évaluer les investissements nécessaires pour réparer ou remplacer les équipements. D’où la diminution des coûts de gestion puisque les temps d’arrêt ou d’interruption imprévus sont réduits grâce à un meilleur processus de remplacement, planifié à l’avance lui aussi.

L’enjeu sécuritaire est également crucial dans la gestion d’un bâtiment connecté. Grâce à une gestion centralisée du flux numérique, seules les données échangées via un accès autorisé peuvent se réaliser, ce qui diminue sensiblement le risque de piratage de données.

Par ailleurs, la maîtrise et le contrôle des données inhérentes à l’exploitation de ce jumeau numérique multi-système est aussi source de création de valeur, via le Big Data et l’intelligence artificielle. En étant installée soit dans un cloud privé, soit en local, l’entreprise exploitant le bâtiment contrôle ses données qui ensuite peuvent être valorisées par des algorithmes d’intelligence artificielle. Un atout considérable si l’on en croit les principaux instituts d’analyse, comme le Gartner ou McKinsey Global Institute, qui prédisent que les entreprises leader de leurs marchés dans les années qui viennent seront justement celles capables de valoriser au mieux leurs données.

L’homme-orchestre numérique du bâtiment

Enfin, le jumeau numérique du bâtiment de demain ne sera pas seulement un outil irremplaçable de meilleure gestion. Il permettra également de simplifier la coordination entre plusieurs disciplines d’ingénierie (professions du BTP), mais aussi avec les fournisseurs et même les occupants du bâtiment eux-mêmes. Il interconnectera et orchestrera les systèmes du bâtiment au travers d’un référentiel unique pour automatiser les workflows, optimiser les opérations et améliorer l’expérience utilisateur.

Il pourra même surveiller et contrôler la qualité de l’air, optimiser la gestion des énergies, permettre la maintenance prédictive, mesurer la densité d’utilisation d’un espace afin d’alerter les employés sur une distanciation sociale trop faible, faire émerger de nouveaux business model comme le pay-per-use ... Le BOS SpinalCore de Spinalcom permet déjà de faire tout cela. Et même plus.

Sébastien Coulon, Directeur Général de SpinalCom, Septembre 2020